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The Tiger's Mouth Blog: Notes sur l’anatomie et la physiologie: les facettes vertébrales de la colonne

Article #11

Article original en anglais publié le 24 mai 2010

Traduction française, révisée et approuvée le 12 oct. 2010

Les derniers articles mis en ligne portaient sur des aspects particuliers de la colonne vertébrale et des vertèbres. Celui d’aujourd’hui examine plusieurs caractéristiques des facettes vertébrales, des structures reliant les vertèbres qui donnent sa stabilité et sa souplesse à la colonne vertébrale.

Commençons par une brève réflexion sur le fait que nous sommes des membres d’une communauté mondiale qui pratiquent les arts internes de santé Tai Chi TaoïsteMC et qui consacrent du temps à l’étude de l’anatomie et de la physiologie. À mon avis, cette démarche est profitable et stimulante pour plusieurs raisons, notamment parce que l’établissement de liens entre ces arts et la médecine occidentale nous encourage, de bien des façons, à persévérer dans notre pratique au fil des ans.

Certains des effets bénéfiques d’une pratique régulière  sont de nature locale et sont ressentis assez rapidement. Par exemple, on note une diminution de tel ou tel malaise chronique quelque part dans l’organisme; une région du corps plutôt raide retrouve son mouvement normal; le stress baisse d’un cran et le sommeil semble plus réparateur, ou une partie faible est renforcée.

Toutefois, il y a des transformations plus subtiles qui se développent de façon très graduelle au fil des ans. Ces changements apparaissent alors que toutes les parties de notre organisme commencent à mieux fonctionner ensemble, à mesure que des régions et systèmes apparemment très différents de notre physiologie modifient leurs rapports mutuels. Notre corps se sent plus fort, plus ample et mieux connecté pour la première fois depuis des années – même si nous continuons d’avancer en âge.

Ces changements demandent beaucoup de temps et sont toujours reçus comme une agréable surprise, parce que nous avions oublié que notre corps peut fonctionner plus harmonieusement et nous le faire sentir.

Pour ressentir ces changements et les retransmettre éventuellement à autrui, nous devons continuer notre pratique pendant une longue période tout en maintenant des liens avec d’autres personnes engagées dans le même processus. Ce travail collectif persistant n’est pas une démarche préconisée par les sciences occidentales modernes, mais le fait de se familiariser avec l’anatomie et la physiologie telles qu’enseignées par la médecine occidentale peut contribuer à mesurer les progrès accomplis et à mieux comprendre les changements que nous remarquons en cours de route.

Ainsi, en examinant divers points d’anatomie, souvenons-nous que ces points ne sont pas sans rapport entre eux.  Cherchons à comprendre comment notre connaissance de chaque point particulier amène une compréhension de l’organisme dans son ensemble.

Les facettes vertébrales

Toutes les articulations fonctionnent comme des joints ou des pivots reliant les os. Les mouvements du corps sont accomplis par la rotation des os à partir des articulations.

Comme dans la plupart des articulations du corps, les quatre facettes vertébrales qui font partie intégrante de chacune des vertèbres sont de type synovial :

  • leurs surfaces articulaires sont garnies de cartilage;
  • la membrane synoviale produit un lubrifiant nourrissant, le liquide synovial;
  • la capsule articulaire, un emballage de tissus conjonctifs, recouvre l’articulation;
  • des ligaments qui relient les os des articulations empêchent tout déplacement excessif;
  • des vaisseaux sanguins et des nerfs sensoriels desservent cette zone.

Notons aussi que les articulations des hanches et des genoux ont exactement la même disposition que ces minuscules facettes vertébrales.

Fig. 1 Éléments communs de toutes les articulations synoviales : cartilage articulaire, membrane et liquide synovial, capsule articulaire, ligaments, vaisseaux sanguins et nerfs. Neumann, 2010, page 30.

Orientation des facettes vertébrales et rotation de la colonne

Dans les salles de classes, on fait souvent référence à la rotation du torse autour de la colonne. Il est éclairant de constater que c’est la structure même de la colonne thoracique qui lui permet de tourner beaucoup plus librement que la région lombaire. L’orientation des surfaces des facettes vertébrales explique cette différence.

Dans la zone thoracique, les facettes vertébrales sont pointées vers l’arrière, à peu près parallèlement au dos.

Fig. 2 Les facettes vertébrales des vertèbres thoraciques sont pointées vers l’arrière. Netter, 2006, planche 154.

Pour cette raison, l’axe de rotation d’une vertèbre thoracique est situé au centre du corps vertébral et du disque vertébral.

Fig. 3 Parce que les facettes vertébrales des vertèbres thoraciques sont pointées vers l’arrière, l’axe de rotation des vertèbres thoraciques passe par le centre du corps vertébral. Kapandji, 2008, page 149.

Par conséquent, les surfaces des facettes vertébrales glissent les unes sur les autres. Les corps et les disques vertébraux tournent autour d’un axe commun. Les disques intervertébraux subissent une force de rotation-torsion, mais peu de cisaillement et ainsi, l’ensemble de douze vertèbres thoraciques peut pivoter d’environ 35 degrés dans les deux directions, à raison de 3 degrés par vertèbre. Si elle n’était limitée par ses attaches à la cage thoracique, la colonne thoracique aurait une liberté de rotation encore plus grande.

Par contre, dans la colonne lombaire, les facettes vertébrales ne sont pas pointées vers l’arrière, mais elles sont disposées l’une en face de l’autre.+

Fig. 4 Orientation des facettes vertébrales de la deuxième vertèbre lombaire. Netter, 2006, planche 155.

Pour cette raison, l’axe de rotation des vertèbres lombaires passe près de la base de l’apophyse épineuse.

Fig. 5 La rotation des vertèbres lombaires produit rapidement des forces de cisaillement sur les disques sollicités. Kapandji, 2008, page 95

Comme cet axe ne correspond pas au centre du disque, ce dernier est soumis à une force de cisaillement considérable. Le disque et le corps vertébral doivent se décaler l’un par rapport à l’autre, dans des directions opposées. La possibilité de rotation est réduite de façon drastique – seulement cinq degrés dans les deux directions pour toute la colonne lombaire (cinq vertèbres), soit un degré par vertèbre.

Ainsi, les facettes vertébrales agissent comme les rails d’un chemin de fer, guidant les mouvements de la colonne. Grâce à leur orientation, les vertèbres thoraciques ont un angle de rotation trois fois plus grand que celui des vertèbres lombaires. Pour sa part, la colonne lombaire se spécialise non pas dans la rotation, mais dans un mouvement de flexion vers l’avant et vers l’arrière, qui nous permet de ramasser un objet par terre ou de nous étirer vers le haut pour prendre un objet sur une tablette.

L’exercice des articulations synoviales dans leur plage normale de mouvement assure la circulation du liquide synovial, qui lubrifie et nourrit les articulations, ce qui favorise le maintien en bonne santé du cartilage lisse et brillant qui recouvre les surfaces articulaires. De plus, ces exercices maintiennent la souplesse des tissus conjonctifs des muscles, des tendons, des ligaments et de la capsule articulaire entourant les articulations. Une posture équilibrée et l’exercice de la gamme complète des mouvements possibles tout au cours de la vie aident à prévenir l’arthrose et les troubles d’usure des articulations dans les facettes vertébrales. Quand il s’agit d’empêcher un trouble de se développer, les médecins parlent de prévention primaire.

Nous comprenons mieux maintenant pourquoi, une fois établie dans les articulations, l’arthrite réduit la mobilité de la colonne et cause des douleurs pour les mouvements encore possibles. Toutefois, la correction des postures défectueuses permet d’éliminer une partie de l’inconfort, et des exercices physiques appropriés diminuent la rigidité, la douleur et la perte de fonctions associées à l’arthrite en place. On parle alors de prévention secondaire – réduire au minimum  l’impact d’un trouble déjà établi dans nos vies quotidiennes. Chaque classe d’arts internes de santé Tai Chi TaoïsteMC accorde une place importante à la prévention secondaire, tout comme à la prévention primaire, par ailleurs.

Le prochain article portera sur le disque intervertébral, une cause commune de problèmes de toutes sortes dans le bas du dos.

1. Kinesiology of the Musculoskeletal System, Foundations for Rehabilitation, Second Edition, Donald A. Neumann, 2010, Mosby Elsevier, ISBN 978-0-323-03989-5

2. Atlas of Human Anatomy, 4th Edition, Frank H. Netter, 2006, Saunders Elsevier, ISBN – 13: 978-1-4160-3385-1

3. The Physiology of the Joints, Volume Three: The Spinal Column, Pelvic girdle and Head, A.I. Kapandji, 2008, Churchill Livingstone Elsevier, ISBN – 13: 9780702029592

Bruce McFarlane, MD

© 2010 Société de tai chi taoïste du Canada

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